Regards croisés sur le « 7 rue de Tolbiac » à Paris 13ème

Laure Pothier, Directeur Opérationnel chez Emerige Résidentiel et Vincent Parreira, architecte – urbaniste et fondateur d’​AAVP Architecture, présentent le « 7 rue de Tolbiac ». Située en plein cœur du 13e arrondissement de Paris, cette réalisation singulière à la façade structurée en bois et verre trace un trait d’union entre le bâti existant et le nouveau quartier Paris Rive Gauche. 

 

Pouvez-vous nous présenter les spécificités du « 7 rue de Tolbiac » ?

Vincent Parreira : L’opération s’inscrit à la croisée du Paris haussmannien et du projet urbain innovant Paris Rive Gauche + infos (anciennement territoire de la SNCF). Implantés à l’angle du Pont de Tolbiac et de la rue du Chevaleret en contre bas de 8 mètres, les trois plots de logements sont reliés par des balcons et terrasses développant plus de 1 000 mètres linéaires d’espaces extérieurs. En les installant ainsi nous avons voulu offrir une animation dans l’espace public et un véritable lien entre le patrimoine parisien et les innovations constantes de ce nouveau quartier en bord de Seine.

L’une de ses particularités réside dans sa façade commerciale au rez-de-chaussée qui constitue un trait d’union entre les deux rues. Cette dernière est composée d’un drapé de verre qui se plisse et accompagne le piéton dans un jeu agréable de reflet et de transparence. Il donne un statut clair et structurant à l’angle de rue, bien trop souvent austère. Le commerce organisé dans sa structure de socle ancre ainsi ces trois plots. Ces chandelles sont bâties en matériaux biosourcés, comme le bois pré-grisé, qui représentent plus de 650 mètres cubes de bois développés sur l’ensemble des niveaux. Enfin, nous avons créé une subtilité ornementale avec les balcons qui s’organisent dans un désalignement vertical autour d’un dispositif d’encorbellement élégant sur rues.

Laure Pothier : Parmi les nombreuses singularités de ce programme, nous avons souhaité apporter un soin tout particulier à la conception des logements que nous voulions différenciant : usage(s), volume(s), hauteur sous plafond (de 2,50 m à 3, 50 m), luminosité, etc. Cette ambition a été naturellement portée par l’audace de Vincent Parreira et de ses équipes qui ont conçu des appartements tournés vers l’extérieur. Ils disposent en moyenne de 15 m² d’espace extérieur et d’une dualité équilibrée entre la noblesse du bois et du verre en façade et les prestations qualitatives et esthétiques du « chez-soi ». Demain, les habitants du « 7 rue Tolbiac » rejoindront une maison de ville indépendante, un appartement conçu autour d’un patio intérieur à ciel ouvert ou bien de plain-pied avec une terrasse à 180 degrés sur le sud parisien et profiteront tous d’une terrasse partagée pour échanger, bricoler lire. Aujourd’hui, plus que jamais, l’exigence d’Emerige d’innover dans la conception et la qualité de nos réalisations rejoint notre ambition de créer des lieux propices aux moments de partage et au mieux-vivre ensemble.

Avez-vous dû relever certains défis techniques lors de la réalisation de ce projet ?

LP : Pendant plus de 10 ans, ce foncier a fait l’objet de nombreuses études et beaucoup ont renoncé face à l’ensemble des défis techniques qu’il présentait, comme celui de construire à seulement 6 mètres de la voute de la ligne 14 du métro. Pour réaliser les fondations de l’immeuble, il nous a fallu éviter la remontée de la voûte concomitamment à l’excavation des terres. Nous avons dû mettre alors en place un dispositif de mesure extrêmement précis dans la voûte du métro afin de suivre les mouvements de l’ouvrage au millimètre près. Il s’agit là du degré de tolérance à respecter pour éviter tout dysfonctionnement des systèmes d’exploitation de la ligne.

Une fois ce défi relevé nous avons géré des dénivelés de terrain de plus de 9 mètres de haut sur une emprise chantier extrêmement restreinte et nous nous sommes attelés à la mise en place de l’exosquelette de mélèze. Un véritable challenge technique de type « Meccano» qui permet de développer les balcons filants qui composent les façades en s’évasant légèrement au fur et à mesure de l’élévation des bâtiments.

 

Quels sont les aspects écoénergétiques de ce programme ?

VP : Les 70 logements s’élancent sur une structure mixte en béton (pour l’ensemble des planchers et poteaux) et bois et les murs à ossature bois forment toutes les façades des logements. Un exosquelette de bois massif et de planchers en bois vient constituer les 1 260 mètres carrés de terrasses et balcons. Nous avons sélectionné du bois issu des forêts françaises qui représentent 635 mètres cubes de matériaux bio sourcés. Les terrasses communes, comme les nids suspendus végétalisés sont autant d’espaces communs partagés sur plus de 600 mètres carrés. L’étroitesse de la parcelle n’a pas obstrué la valorisation des espaces libres qui ont été traités avec soin pour garantir un bien être à l’ensemble des habitants. Cela représente plus de 430 mètres carrés d’espaces verts dont 116 mètres carrés en pleine terre où des arbustes prendront vie.

 

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Adresse : 7 rue de Tolbiac
Surface : 8 697 m² SDP dont 5 352 m² SDP de
logements et 3 345 m² SDP de commerces
Programme : 80 appartements
dont 58 logements en accession,
22 logements locatifs intermédiaires et sociaux,
2 commerces en pied d’immeuble

Architecte : Vincent Parreira Atelier Architecture

Livraison prévisionnelle : 1er semestre 2021

Une série de challenges techniques entre les mouvements de la voute du métro mesurés au millimètre près ou la complexité de notre exosquelette à assembler comme un Meccano.
Laure Pothier
Directeur Opérationnel chez Emerige Résidentiel